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Chapelle de la Chirat


La Chapelle de La chirat de St Marcel d'Urfe

  

Intervention d’Anne CARCEL 

                                       Conservateur des Antiquités et Objets d’Art de La Loire

             La chapelle de La Chirat a été construite peu avant le 2 novembre 1508, date de la fondation des prébendes et des messes en ce lieu. Son vocable “Notre-Dame de la Consolation”, évoque probablement la terrible peste de 1507 qui ravagea Montbrison, alors capitale du Comté de Forez. Les blasons des commanditaires se voient sur les voûtes ; ce sont les deux coseigneurs de St Marcel-sous-Urfé qui ont présidé à sa construction : Brémond de Vitri-Lalière, conseiller et chambellan du duc de Bourbon, et Claude Raybe, doyen du Chapitre Collégial de Montbrison et prieur commandataire du prieuré de l’Hôpital-sous-Rochefort.

            La chapelle, de modestes dimensions, se compose alors d’une travée précédant un chœur rectangulaire, dans le style gothique tardif, de type forézien.

A une date indéterminée, au 17e ou 18e siècle, sont ajoutés une nef et deux éléments en croix formant transept , couverts d’un simple lambris - déjà en place sur  le plan cadastral de 1823 - Vers 1894, les 3 nefs sont couvertes d’un plafond en berceau surbaissé.

             La statue de la Vierge de Notre-Dame de la Consolation a été probablement commandée par Claude Raybe car ses armoiries sont portées sur l’ange-console ayant servi de support initial à la statue. Il s’agit d’une œuvre majeure, classée Monument Historique en 1892.

             Elle a ainsi été créée pour favoriser par sa beauté la piété des fidèles, et aussi pour orner la chapelle nouvellement construite. Ou bien, pourrait-on dire que  la chapelle a été édifiée pour constituer un écrin à cette œuvre d’art ?  Ainsi, datée des environs de 1507-1508, elle est le reflet de la représentation de la Vierge-Mère en ce début du 16e siècle.

             Un bref rappel de l’origine de cette représentation de la Vierge à l’Enfant. Née dans l’art des Catacombes, elle s’établit à partir du concile d’Ephèse, en 431, qui proclame la Maternité divine de Marie . Depuis les 5e et 6e siècles, l’image de la “Theotokos” ou de “l’Enfantement de Dieu par une vierge” a sa place sur les peintures ou les mosaîques.

             Nous avons au Moyen-Age, et bien au-delà, l’image de Marie en majesté, assise sur un trône, en position frontale, présentant l’enfant sur ses genoux . Ces Vierges en majesté que l’on offrait sur les autels à la vénération des fidèles, pourraient apparaître comme une lointaine réminiscence des déesses-mères paÏennes.

  Un exemple remarquable de cette représentation est présent dans un haut lieu de pélerinage de la Loire, le sanctuaire marial de Valfleury. Cette statue de Vierge en Majesté, qui pourrait remonter au 11e siècle, est exceptionnelle par son style et sa figuration, alliant la Vierge-Mère et la Vierge de l’Apocalypse terrassant les dragons placés sous ses pieds.

            Durant les 15e et 16e siècles, la glaciale quasi-déesse de l’époque romane où triomphait la dimension divine, se transforme en gracieuse jeune mère emplie d’humanité.

             Vêtue comme une jeune femme de l’époqiue, elle est emplie de tendresse pour son enfant qui n’est  plus l’enfant-roi au visage d’adulte, mais un nouveau-né qui joue ou dort dans les bras de sa mère.

             Outre la Vierge de La Chirat, nous avons dans la Loire d’autres exemples remarquables de cette représentation en ce tout début du 16e siècle : aux églises de l’hôpital-sous-Rochefort,  St Galmier et St Alban-les-Eaux.

             Notre Dame de Consolation, citée par Mgr de Marquemont, archevêque de Lyon, lors de sa visite pastorale du 14 juillet 1614, est une œuvre particulièrement remarquable pour notre région. Taillée dans l’albâtre, elle est d’une surprenante qualité. Marie, en position frontale, est empreinte d’une certaine majesté héritée du Moyen-Age, accentuée par le lourd drapé du vêtement aux plis rectilignes. Son visage grave et digne, elle offre son fils aux fidèles, paraîssant le déléguer pour apporter joie et consolation. Jésus, le regard tourné vers les fidèles, est un enfant dénudé, joufflu et plein de vie, qui semble jouer avec le linge qui entoure ses reins. Tout est ici humanité. Marie a les traits d’une jeune femme aux yeux étirés vers les tempes, au front dégarni, encadré par des cheveux ondulés serrés dans un voile torsadé. Il y a aussi  une certaine préciosité dans le geste délicat de la main de Marie soutenant les pieds de l’enfant ; préciosité accentuée par l’aspect laiteux du matériau de la sculpture, l’albâtre, par l’ample manteau bordé de fines ciselures, froissé comme une riche soierie, par les cheveux rehaussés d’or.

            Par son style, en particulier par la forme et les traits du visage, les yeux en amande de la Vierge, cette œuvre se rattache à l’art bourbonnais, à une période où celui-ci atteint son plus grand raffinement. Elle peut être attribuée à Jean de Chartres, sculpteur dont la  présence est attestée à Moulins de 1501 à 1510. Il s’agit d’un disciple du sculpteur Michel Colombe, chef de file d’une école artistique de Moulins au 15e siècle.

             Jean de Chartres a travaillé en particulier à la cathédrale de Moulins et probablement dans le Roannais, à l’abbaye cistercienne de La Bénisson-Dieu, où une statue de Dieu le Père commandée vers 1497 par l’abbé  Pierre de La Fin, pourrait lui être attribuée.

             En conclusion, je tiens à remercier les habitants de St Marcel d’Urfé d’avoir su conserver l’âme du lieu qui a traversé cinq siècles.

 

 

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